Depuis 18 mois, les taux pour le crédit immobilier continuent leur augmentation et cette tendance se confirme pour les prochains mois de l’année 2023.
On attend des taux à 4 % pour l’été 2023. Une situation qui s’explique par le coût toujours plus élevé de l’argent, du fait de l’inflation et des taux directeurs de la BCE. Il en résulte une hausse du coût du prêt immobilier.
La BCE (Banque Centrale Européenne) a plusieurs fois augmenté ses taux directeurs en 2022, c’est-à-dire les taux auxquels elles prêtent aux établissements de crédit, pour lutter contre l’inflation.
Comme obtenir de l’argent coûte plus cher, les établissements prêteurs répercutent cette hausse sur leurs propres crédits immobiliers.
Selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, le taux moyen (hors assurances et frais) grimpe à 2,82 % au mois de février, avec « des augmentations sensiblement plus rapides depuis le début de l’année ».
C’est un effet direct du relèvement du taux d’usure (+52 points de base pour les crédits de plus de 20 ans en Janvier), et qui est devenu mensuel depuis le 1er février, au lieu d’être trimestriel.
Le taux d’usure… mais qu’est-ce que c’est ??
Afin de protéger les emprunteurs d’éventuels abus de la part d’établissements de crédit, l’état a mis en place ce qu’on appelle le taux d’usure.
Il correspond au seuil maximal au-delà duquel une banque ne peut accorder un prêt.
C’est la Banque de France qui définit tous les trimestres les seuils de l’usure, pour l’ensemble des crédits (immobilier, consommation) et des durées d’emprunt. Aujourd’hui il est de 4.24 % pour 20 et plus.
Pour autant, la production de nouveaux crédits ne s’est pas rétablie.
Ainsi la production de crédits reste très faible (- 44 % sur un trimestre glissant).
Sur les prêts à 25 ans, les taux dépassent 3.0 % pour les ¾ des emprunteurs, pouvant même aller jusqu’à 3.50 %. Sur les prêts à 20 ans la barrière des 3.0 % est aussi franchie pour la moitié des emprunteurs.
Concrètement on emprunte moins car le coût du crédit augmente. Ce qui diminue d’autant l’enveloppe dédiée au projet.
Les conséquences sont telles, qu’actuellement les établissements bancaires se montrent sélectifs.
Même si les établissements bancaires restent ouverts au crédit et qu’ils acceptent de prêter aux porteurs de projets, ce n’est pas sans conditions.
En effet, le porteur de projet doit montrer un solide dossier avec un apport conséquent et un bon niveau de revenus pour l’acquisition de la résidence principale.
| Montant de production | Nombre de prêts bancaires accordés | |
|---|---|---|
| Décembre 2022 à Février 2023 / Décembre 2021 à Février 2022 (trimestriel glissant) | – 45,2 % | – 44,1 % |
| Mars 2022 à Février 2023 / Mars 2021 à Février 2022 (trimestriel glissant) | – 28,2 % | – 27,2 % |
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